FECAMP FESTIF - La FÊTE DANS LA RUE

          
Dernière mise à jour 17 février 2017
 
  

      LA PRESSE ANNONCE :
 

      15 avril 1901 : Concours de Musique. - Le concours musical des 26 et 27 mai 1901, s’annonce sous les meilleurs auspices. 104 sociétés ont envoyé leur adhésion. Elles se décomposent comme suit : chorales, 22 ; harmonies,12 ; fanfares, 67 ; symphonies, 2 ; estudiantina, 1.
 

     25 mai 1901 : Le Concours de Musique. Les préparatifs pour les fêtes musicales qui auront lieu demain dimanche et après-demain lundi sont poussées avec la plus grande activité ; les rues se pavoisent et se décorent avec goût. Si le temps se met de la partie, on peut prédire in grand succès.

Train supplémentaire. A l’occasion du concours musical de demain dimanche, le train supplémentaire partant de Fécamp demain dimanche 26 mai à 10 h 35 du soir, et arrivant à Saint-Vaast-Bosville à 11h 47, desservira toutes les stations jusqu’à Dieppe, où il arrivera vers 1 h 10 du matin .....
 

       Journal de Rouen - 26 mai 1901
 

Le Concours Musical de Fécamp.


       Fécamp, 26 mai.
 

       Cette fête a remporté un succès sans précédent. Les vents désagréables qui régnaient depuis quelques jours ont heureusement fait trêve, et c’est par une température printanière, le ciel légèrement couvert que le concours et les différentes parties d’un programme très chargé ont eu lieu.

      La veille au soir, la fête avait été annoncée par des salves d’artillerie et par une grande retraite aux flambeaux à laquelle prenaient part la société musicale les Enfants de Fécamp, l’Harmonie de la Bénédictine, la Compagnie des sapeurs-pompiers, la société de gymnastique “Bois-Rosé”, et les sociétés musicales qui étaient arrivées en vue du concours. La retraite a été splendide. Une foule considérable l’a accompagnée à travers les rues de la ville. Des feux de Bengale ont été allumés sur son passage.

       Ce matin, à huit heures, les membres du jury ont été reçus à l’Hôtel-de-Ville par les autorités, et une heure après, le concours de lecture à vue a commencé.
 

        Nous profitons de cet instant pour voir la décoration de la ville. On a fait des choses charmantes. Sur tout le parcours du défilé et dans toutes les rues adjacentes, c’est-à-dire sur plus de cinq kilomètres, ce n’est qu’une suite ininterrompue de mats, d’oriflammes, de banderoles, d’arcs de triomphe, d’arbustes et de drapeaux, qui produisent le plus gracieux effet. L’œil se plait à voir ces tons chatoyants.

        Les maisons particulières sont également décorées, et quelques-unes avec un goût et un luxe qu’on admire. Quant aux incidents, pas l’ombre. Tout le monde est unanime pour applaudir à l’ordre et à la régularité qui ont présidé aux différentes parties du concours.
 

       À une heure et demie, les Sociétés, insignes et bannières déployées, s’apprêtent pour le défilé qui doit avoir lieu place des Halettes, rues des Forts, Paul-Casimir-Perier, Alexandre-Legros, place Thiers, rues Felix Faure, Théagène-Boufart, d’Etretat, quai Bérigny, avenue Gambetta, rue Jacques-Huet et place de l’Hôtel-de-Ville.

       Le coup d’œil est splendide. En tête, les gendarmes à cheval ouvrent la marche. La foule est innombrable, car il en est venu de partout, fait la haie et voit passer dans le plus bel ordre près de quatre-vingts sociétés, orphéon, harmonies et fanfares, comprenant plus de quatre mille personnes avec les membres honoraires.

       Les sociétés défilent devant l’estrade où les autorités ont pris place, et parmi lesquelles on remarque : M. Cathala, sous-préfet du havre ; M. Duglé, maire de Fécamp, et ses adjoints ; M. Anquetil, président du concours ; MM. Lethuillier,  Papelorey, Moulin, Cadinot et de Chanteloup, du comité d’organisation, et un grand nombre de notabilités.

       Au passage devant l’estrade, l’ordre du cortège est splendide. Les autorités répondent au salut des bannières. Parmi les sociétés les plus remarquées, on citait : la musique municipale d’Autun, La Musique municipale de Rouen, la Lyre de Suresnes, les enfants de Wilhem, la Musique d’Yvetot, les enfants de Saint-Denis, la musique des Etablissements Badin, à Barentin, l’Orphéon de Puteaux, etc. Mais il faudrait les citer presque toutes.

Après la dislocation du défilé, les sociétés se rendent aux lieux qui leur ont été assignés pour le concours. Le public y entre en foule en même temps qu’elles.

      À quatre heures et demie, a eu lieu l’exécution du morceau d’ensemble Le Fécampois sous la direction de son auteur, M. L. Janvier directeur des Enfants de Fécamp, et à six heures les récompenses ont été décernées.

       Dans la soirée, les illuminations et les bals publics n’ont pas peu contribué à répandre partout l’animation et la gaieté.
 

Le Concours Musical de Fécamp - deuxième journée


     Journal de Rouen - 27 mai 1901
 

      Fécamp 27 mai,
  

      Les fêtes du concours musical se sont continuées aujourd’hui avec le même succès et favorisées par un temps splendide.

La matinée a été occupée par les concours de solistes auxquels assistait un public nombreux.
    
Après les concerts, donnés sur les différentes places de la ville, le clou de la fête a été l’ascension, place de l’Hôtel-de-Ville, au milieu des acclamations générales, du ballon le Fécampois, monté par l’aéronaute Charly. L’aérostat, après avoir plané quelques instants sur la ville, a effectué sa descente, sans encombre, vingt minutes après son départ, sur la côte Saint-Jacques, près de Fécamp.

     Avant la distribution des récompenses des deux journées de concours qui a eu lieu place Thiers, a eu lieu l’exécution du morceau d’ensemble par toutes les sociétés, sous la direction de M. Janvier, chef de la musique de Fécamp avec un succès tel que sur la demande réitérée du public, il a dû être bissé. Cette fois la direction en a été confiée à M. Moreau qui s’est également fort bien acquitté de sa tâche.

      Après quelques paroles de félicitation adressées aux sociétés par M. Cathala, sous-Préfet du Havre, on a procédé à la distribution des prix.

La soirée s’est terminée par des illuminations, des bals publics et un feu d’artifice tiré à bord d’un steamer dans le bassin.

     Le succès de ces deux belles journées est dû surtout à l’excellente direction qui leur a été donnée par le président du Comité des fêtes, M. Anquetil, le secrétaire général, M. de Chanteloup, et par le comité de décoration de la ville.

        Journal de Rouen 9 juillet 1901 - Achives départementales de Seine-Maritime