FÉCAMP-FESTIF - Introdution
 
Page créée le 16 septembre 2016


Analyse Sociale et Culturelle en 1850
 

      La ville de Fécamp qui compte une population de 11 000 âmes. a deux paroisses : l'église de l'Abbaye et l'église St-Etienne. Il n'y a point d'établissement du culte autre que celui de la religion catholique.
 

     Il y a, pour les garçons, 2 écoles primaires communales, qui sont fréquentées par 214 enfants ; une école primaire gratuite, tenue par les Frères de la Doctrine chrétienne, qui reçoit 275 élèves.

     Pour les filles, il y a 4 écoles, recevant 750 élèves.
 

     Nous ne devons pas dissimuler que l'instruction primaire, surtout celle que reçoivent les garçons dans les écoles communales, laisse beaucoup à désirer, mais de salutaires réformes vont y être introduites, et nous comptons sur des améliorations sensibles, d'ici à quelque temps, dans cette partie de l'éducation des enfants du peuple.
 

     La journée de travail dépasse 10 heures, sans jour de congé pour une activité le plus souvent dangereuse et éprouvante. Les salaires sont misérables et permettent à peine à la famille de survivre ! Même les enfants travaillent dès leur plus jeune âge. Ils ne disposent d’aucune couverture sociale : un accident de travail – ils sont très nombreux à l’époque – conduit la famille à la rue.
 

     Leurs moyens d'existence sont le salaire qu'elles reçoivent pour la rétribution de leur travail, et, à défaut de travail, les secours du bureau de bienfaisance.

      Les établissements philanthropiques que possède Fécamp, sont l'hospice et le bureau de bienfaisance. L'hospice entretient 116 malades. Le bureau de bienfaisance donne des secours à 402 familles (1 206 personnes). Les ressources de l'hospice sont de 17 000 francs ; celles du bureau de bienfaisance, de 12 000 francs. L'Administration se propose de fonder incessamment une salle d’asile, et désire que le Gouvernement lui vienne en aide dans la réalisation de ce projet philanthropique.

 

     Il est évident, que dans ces conditions les loisirs soient inconnus, seul le cabaret offre, malheureusement (encore) un dérivatif !

     Comme dans tous les pays, quelques hommes de la classe ouvrière se livrent à l'ivrognerie ; mais, en général, à Fécamp ces classes sont sobres et d'une bonne moralité .

      Fécamp possède, depuis peu, une bibliothèque de 7 535 livres. Cet établissement ne peut avoir qu'une salutaire influence sur l'éducation et la moralité des jeunes gens ; beaucoup le fréquentent, et les livres de sciences sont plus spécialement demandés et forment l'objet de leurs lectures méditatives.

Source : Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie - Gallica - La bibliothèque numérique de la B.N.F 
  

 Toujours au plan plus “culturel”, la Maitrise de l’Abbaye de Fécamp a été longtemps célèbre, cependant : 

     “Elle n’a pas fait école ; car les échos de la vallée ne répètent plus que les notes aigres du cornet à piston. Fécamp n’a pas de théâtre ; à moins que l’on veuille donner ce nom à un magasin converti, tant bien que mal, en salle de spectacle. La foule s’entasse pourtant sur les bancs peu rembourrés, quand, de fortune, une petite troupe,  prend là ses quartiers d’hiver”.

Source : Joachim Michel – Causerie sur Fécamp - 1857.
 
      Seule  la bourgeoisie peut profiter d’une culture extra-muros. Mais nous sommes néanmoins à un “tournant de l’histoire”, la révolution industrielle va favoriser l’idéologie socialiste et le syndicalisme. Dès 1849, à l’échelon national, des pétitions, pour l’amélioration des conditions de vie, sont déposées :
 
Citoyens Représentants,

Une étude approfondie des misères du peuple, un dévouement sincère et désintéressé nous a donné la conviction que nous avons trouvé une solution pratique aux principales questions qui s’agitent aujourd’hui. Nous devons donc vous soumettre nos idées, et vous prions de nommer une commission spéciale pour les examiner.
Le mal est profond, Citoyens représentants, les misères sont immenses ; il est urgent que le remède soit prompt. C’est avec confiance que nous adressons à l’assemblée législative ; elle voudra répondre à un besoin de la nation en prenant en considération un système large, fécond et protecteur de tous les intérêts.
François Camus-Mutel Ingénieur métallurgiste
ex-ouvrier contremaître et fondateur de plusieurs grandes manufactures en France

 
     Lettre adressée à monsieur le Général Cavaignac, après le dépôt de la pétition :
 
Mon général,

Nous venons vous remercier du dépôt de notre pétition ayant pour but la création d’une association générale pour une caisse de secours mutuels sous la dénomination de Société Nationale Fraternelle. Il appartenait à votre cœur et à votre noble intelligence de prendre l’initiative d’un projet qui, n’en doutons pas, comblerait d’immenses misères et rendrait la sécurité à la société.
Ce premier service rendu nous permet d’espérer votre puissant appui dans la discussion qui devra avoir lieu à l’Assemblée Nationale.
Agréez, mon Général, l’assurance de notre reconnaissance et de notre respect. 
H. Place  1er juillet 1849

     Ces idées vont faire leur chemin. Sous ces impulsions les conditions de travail vont lentement s'améliorer. Les coopératives et mutuelles ouvrières, les caisses de secours vont progressivement se mettre en place. Mais à Fécamp, il faudra quand même attendre plus de trente ans !

      Le 12 mars 1882, sous l'impulsion de 18 employés du commerce, se constitue La “
Fraternelle, Société de secours Mutuel pour les Employés du Commerce”,
     Puis le 
1er juin 1885  “L'Union des ouvriers et employés de Fécamp

 
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