FÉCAMP-FESTIF - Les GRANDS ÉVÉNEMENTS
                   École d'hydrographie, carte postale vers 1900 - Delcampe                                                                                          Bateaux dans l'avant-port - photo Louis Jourdain
Page créée le 09 juin 2016                                                                                                    
 

     Cette inauguration à la fin du XIXème siècle, n’a certes pas connu ce caractère festif, qu'avaient les cavalcades, fêtes des fleurs et autres “manifestations de charité” qui de déroulaient à cette époque. La fête fut d’ailleurs bien modeste ! Mais, à notre avis, elle s’inscrit bien, dans cette série d’événements qui a vu et verra, l’ouverture de tous ces établissements d’enseignement primaires et secondaires.

Sans vouloir retracer l’historique de cette “École d’Hydrographie”, nous publions ci-dessous quelques lignes, composées avec les écrits de Michel Ledun : Fécamp Les Passions d’une Cité Maritime. Paru en 2008 et Etienne Bernet : Histoire de l'école d'hydrographie de Fécamp, Annales du Patrimoine n°4/1997. 
  

     “L’importance des Inscrits maritimes dans le quartier de Fécamp justifiait la création d’une école d’Hydrographie. C’est l’ordonnance royale de 1629 qui avait décidé qu’il serait créé des écoles d’Hydrographie dans les principales villes maritimes du royaume, afin que le commandement des vaisseaux ne fut plus confié désormais qu’à des officiers instruits et experts en l’art de la navigation.


     “En 1745, le Duc de Penthièvre, amiral de France, envoya François Le Roux Fonder dans notre port l’école d’Hydrographie dont il prit la direction, et dont il fut d’ailleurs le seul professeur. Elle fonctionna pendant 131 ans, interrompue cependant, pendant une vingtaine d’années par les troubles de la révolution et les guerres d’empire. En 1876 sous prétexte de réaliser des économies et de diminuer les charges du budget national, le gouvernement décida la suppression d’un grand nombre d’écoles, dont celle de Fécamp, considérant “qu’il en existait une au Havre et que cela suffisait”.


     “En 1890, Fécamp vivait un renouveau, et armait 43 navires uniquement pour Terre-Neuve, avec cette reprise de l’industrie morutière et la modernisation de la pêche au hareng, l’absence d’école était devenue préjudiciable aux armements fécampois.
Devant cette situation, la Chambre de Commerce, sous l’impulsion d’Adolphe Bellet, président, et d’Augustin Le Borgne maire de la ville, s’efforcèrent de réorganiser l’école d’hydrographie. Et le 4 décembre 1892 la presse locale informait que : M. Juste Lafond, capitaine au long cours, était désigné pour professer le cours d’hydrographie à l’école de Fécamp, qu’il professerait chez lui et que l’école ouvrirait ses portes le lundi 12. La nouvelle école était placée sous le patronage mixte de la ville et de la Chambre de Commerce. Parallèlement, dans le but d’accueillir un plus grand nombre de marins, et d’adapter le niveau de l’enseignement à d’autres formations que celle de maître de cabotage, la Chambre décide de créer l’école des Pêches maritimes qui sera inaugurée le 26 novembre 1899. ?

 

     Cet événement est immortalisé par la presse locale et régionale.    


      Journal de Rouen : 23 novembre 1899.

     Dans sa séance de mercredi, la Chambre de Commerce de Fécamp a décidé de fixer au dimanche 26 novembre l’inauguration solennelle des deux établissements nouveaux dont elle vient de doter notre ville, et qui sont : 1° l’École des pêches maritimes, et 2° le Musée industriel du commerce et des pêches maritimes, fondés par M. Bellet, président.

     Cette double inauguration sera présidée par M. le capitaine de frégate Moreau, commandant de l’aviso Ibis, délégué par M. le ministre de la marine ; M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure, assistera à cette cérémonie ; elle commencera à deux heures dans les locaux de l’École d’hydrographie, quai Vicomté. A l’issue de la séance, un lunch sera servi aux invités dans les locaux de la Chambre de commerce.

      Journal de Rouen :27 novembre 1899

     L’inauguration de l’École des pêches maritimes et du Musée industriel du commerce et des pêches maritimes, dont la création est due à l’initiative de la chambre de commerce de Fécamp et en particulier de M. A. Bellet (Gustave Adolphe), son dévoué président, a rencontré, hier, près de la population maritime un accueil très sympathique ; aussi les navires amarrés dans le port avaient-ils arboré dans le port leur grand pavois.

     A deux heures, les invités ont été admis à visiter les locaux, situés quai Vicomté, où sont rangés, dans un ordre parfait et avec un goût très pittoresque, tous les engins, apparaux, lignes, filets, hameçons, bateaux, servant aux pêches de la morue, du hareng et du maquereau etc., et qui forment déjà le Musée. A l’entrée on lit sur un cartouche :
 
“Musée industriel des pêches et du commerce maritime,
fondé en 1899 par M. A. Bellet, président de la Chambre de Commerce”.
 
    

     La séance d’inauguration s’est tenue dans le local de l’École d’hydrographie, décorée avec goût ; elle était présidée par M. le capitaine de frégate Moreau, commandant de l’aviso Ibis, ayant à ses côtés MM. Bellet, Gilles, président de caisse de secours aux marins, Hendlé, préfet, Le Borgne, maire Delaunay, conseiller général etc.


     Dans un discours très écouté, M. Bellet a montré tout l’intérêt que présentait pour le port de Fécamp, le premier au point de vue de la pêche à la morue, la création d’une école et d’un musée. En suivant les cours de l’école, les capitaines perfectionneront leur instruction, ils ne seront notamment plus embarrassés, lorsque, sur les lieux de pêche, un de leurs hommes tombera malade, car l’école leur aura appris les premiers soins à donner. Le muée servira aussi d’enseignement pour les uns et les autres.


     En terminant M. Bellet a remercié toutes les personnes présentes et en particulier le capitaine Moreau, délégué du ministre, et M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure. Ce dernier a constaté avec plaisir les succès remportés par l’École maritime, la raison en est que Fécamp est un excellent terrain de culture et que l’argent dépensé par la ville et la Chambre de commerce sont employés avec le plus grand profit.


     Le port de Fécamp, a ajouté M. le préfet, a pris un tel développement que ses bassins sont devenus trop petits pour contenir tous ses navires ; ila félicité M. Bellet de son heureuse initiative, et l’a assuré qu’au Conseil général, de concert avec M. Delaunay, il appuiera les subventions qui pourraient être demandées pour ses œuvres.


     M. Cacheux, président de la Société d’enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, a assuré le concours de sa société pour tout ce qui pourrait intéresser l’École et le Musée.


     M. Gilles, président de la Caisse de secours aux marins, a remercié M. le ministre de la marine en la personne de M. Moreau, des subventions accordées à sa société si durement éprouvée par les naufrages.


     M. Le Borgne, maire, a félicité ensuite la Chambre de Commerce de ce qu’elle a fait pour la ville de Fécamp ; il regrette cependant que les armateurs ne puissent faire construire leurs navires à Fécamp, aussi demande-t-il le concours de la Chambre pour étudier la question, afin de trouver le moyen de retenir à Fécamp la construction des bateaux pêcheurs.


     M. Moreau a remercié M. Bellet de tout ce qu’il a pu faire pour l’École d’hydrographie ; il a associé à ces remerciements MM. Leborgne Cacheux, ainsi que M. Gautier, professeur, et ses collaborateurs, et les a félicités au nom de M. le ministre de la marine.


     Après l’exécution de la Marseillaise jouée par les Enfants de Fécamp, qui prêtaient leur concours à la fête, on s’est rendu dans la salle des séances de la Chambre de Commerce, où un lunch a été servi aux invités.


     A l’issue des fêtes d’inauguration de l’école de pêche et du musée maritime, M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure a été reçu à la mairie par la municipalité, M. A. Le Borgne, maire entouré de ses adjoints. MM. A. Lefebvre et M. Renault, lui a présenté tous les membres du conseil municipal.

Sources : Archives départementales de la Seine-Maritime