FÉCAMP-FESTIF - La FÊTE EN SALLE
Dernière mise à jour : 26 février 2017    
 

     21 avril 1921 Première de la nouvelle revue locale de MM. Robert-Robert et Maurice Ailly.
 

     C’est la rencontre d’une étrangère, l’Administration centrale qui raconte à un brave garde champêtre qu’elle est chargée de faire rentrer l’argent dans les caisses de l’Etat. L’argent de l’étranger peut venir grossir les recettes de Fécamp-Plage, station climatique, sans que Fécamp ne cesse d’être le pays du hareng saur !.... Arrive Fécamp-Plage qui annonce son prochain mariage avec Fécamp-Hareng.....
 

    Journal de Fécamp : avril 1921
 

QUAND FÉCAMP S’AMUSE !

Revue locale en 3 actes et 4 tableaux de MM. Robert-Robert et Maurice Ailly

 

      Nous sommes heureux d’enregistrer, ici, une fois de plus, le succès, le gros succès remporté par la Symphonie Amicale de Fécamp.

En entendant les bravos crépiter dans la coquette salle du Val-aux-Clercs, nous ne pouvions pas songer aux veilles et aux fatigues que se sont imposées bénévolement organisateurs et interprètes.
 

      Ce n’est pas une petite affaire, en effet, que de monter une revue. Et jeudi soir, quand du parquet, des réservés et des galeries, les applaudissements partaient, nourris, prolongés, pour éclater de nouveau, plus chaleureux encore, aux fins d’actes, il nous était agréable de donner une pensée spéciale aux « bons ouvriers » qui se tenaient à l’orchestre, ou plus modestement dans les coulisses, voire même…. Jusque dans la salle japonaise.
 

      Tous étaient “au poste d’écoute” y compris, naturellement, le sympathique et dévoué président qui voudrait bien toujours être à la peine, mais ne jamais être à l’honneur.
 

      L’envers du rideau est fort intéressant à connaître ! on y voit une foule de choses et on y rencontre de braves gens dont l’unique souci de faire en sorte que tout marche à souhait.
 

     …Le public si facile, qu’on “endort sans le moindre effort”. Excepté Quand Fécamp s’amuse, a eu l’impression très nette qu’une pareille tâche devait être très lourde aux épaules de ceux qui l’avaient assumée. La somme de travail fournie par les organisateurs et interprètes (et dans ce dernier je comprends également les figurants et les choristes) a été considérable. S’astreindre à de longues répétitions, souvent renouvelées, avaler, le soir un repas froid, repartir toujours très tard, peut parfois manquer de charme. Mais la chose était nécessaire et tout le monde a donné des preuves de la meilleure bonne volonté. Là était le gage du succès. Ce succès, la Symphonie le tient, mais, dites-moi, ne l’a-t-elle pas amplement mérité ?

     Il n’est pas dans nos intentions de vous narrer Quand Fécamp s’amuse ! mais avant de passer la plume qu’il nous soit permis de féliciter très sincèrement M.
Louis Solsou, l’aimable président, dont la tâche, fort belle, mérite d’être suivie avec un intérêt toujours grandissant ; M. Lucien Verhaegen, un chef d’orchestre expérimenté, qui se lassera bientôt de compter ses succès ; M. Edmond Rousseau, sous-chef d’orchestre, un dévoué de tous les instants, et dont la grande amabilité lui a valu d’être mis à contribution par tout le monde ; M. Séverin Lair, qui ne joue pas seulement les comiques, mais que ses connaissances approfondies du théâtre ont désigné tout naturellement pour les importantes fonctions de régisseur général.
Nous nous en voudrions d’oublier M.
Henry Ledun, régisseur de scène, dont la patience et l’exquise courtoisie ont eu raison des difficultés – et elles étaient nombreuses – qui surgissent toujours au dernier moment. M.
Lebon a bien voulu oublier ses fonctions de trésorier pour guider et aider très utilement les machinistes. C’est à lui également, qu’incombait le souci du ravitaillement pendant les entr’actes….
 

     Enfin, comment ne pas rendre hommage au talent – car s’en est un – du « discret » souffleur, M. Gillet s’entend fort bien à sauver des situations qui pourraient parfois devenir un peu délicates. Un mot encore – et ce sera le dernier – celui-ci pour le plus modeste d’entre les modestes. Nous avons nommé l’habile grimeur, M. Maurice Reneault, que tout le monde « Cramponne » pour avoir une tête et un air de circonstance et qui s’applique toujours à leur donner satisfaction.

                                                                                                                                                                    R. BELLENCONTRE. 

 

     La Symphonie Amicale nous conviait jeudi soir 21 avril, à la première de sa revue locale annuelle Quand Fécamp s’amuse de MM. Robert-Robert et Maurice Ailly.

     Elle était attendue avec impatience, mais les fidèles et sympathiques auditeurs de spectacles montés par cette intéressante phalange lui faisait volontiers crédit, car tous savaient bien que si elle était une habituée du succès, cette société le doit surtout à la conscience, à la probité artistique qu’elle apporte en toute circonstance et au labeur acharné qu’elle s’impose pour forcer le succès. Et puisque le mot est prononcé, ne tardons pas à proclamer que cette fois encore – la septième depuis une douzaine d‘années – ce succès, dépassant toutes nos espérances, fut vraiment triomphal !

     Il fait grand honneur aussi aux qualités remarquables déployées au cours de cette œuvre, tout à fait originale, par les deux heureux auteurs, d’abord M. Robert-Robert, dont il nous est bien difficile de ne pas trahir l’anonymat, car tout le monde a reconnu l’écrivain spirituel et caustique des amusantes chroniques qui paraissent dans un quotidien de chez nous, et qui tourne le couplet avec autant de facilité qu’il écrit un article ; et aussi M. Maurice Ailly, dont le talent primesautier et tendrement enjoué s’était déjà révélé en diverses manifestations littéraires et notamment par l’audition d’une Revuette, La Marraine Pinard, jouée avec un joyeux entrain devant les blessés de l’hôpital auxiliaire 112.

 

     Disons aussi, pour être juste, qu’ils ont trouvé des collaborateurs de premier ordre avec les membres de la Symphonie amicale, présidé avec tant d’activité et de distinction par l’aimable M. Solsou, et si excellemment dirigée par M. Lucien Verhaeghen.

     Les auteurs ont également retrouvé, pour interpréter leu œuvre, la plupart des artistes qui avaient, depuis plusieurs années – et tout particulièrement  l’année dernière - contribué à assurer le succès très marqué des œuvres si goûtées et toujours d’actualité de M. Adrien Constantin.

 

      La Revue de cette année, qui est aussi très locale, bien vivante, et qui, par instant, revêt fort agréablement la forme d’un petit opéra-comique, a mis en joie le plus élégant des publics fécampois, accouru en telle foule, jeudi soir, au Val-aux-Clercs, qu’on a dû refuser du monde ; ce fut du lever à la chute du rideau une explosion continuelle de rires et de bravos !
 

      Durant ses quatre tableaux, cette œuvre d’un tout nouveau genre… “s’amuse !” et elle “amuse” gaîment et gentiment, LA REVUE, émaillée, ça et là, de quelques traits satiriques, émoustillants, mais nullement acérés, ne blessant surtout personne, avec un petit air malicieux, déluré – charmant, surtout ! – Elle effleure en leur donnant une douce saveur, de nombreux sujets de la vie locale, en saupoudrant d’un piment du meilleur goût !